© Académie du chenin. Créé avec Wix.com

 

Modératrice : Myriam Laidet

Le Programme

Session III - Réalités Patrimoniales des paysages du chenin blanc

1. Myriam Laidet (Keynote Speaker) - Le vignoble jardiné du Val de Loire, l’exemple de Savennières, de la vigne au parc agricole paysager.

Le Val de Loire est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000 au titre de son paysage culturel. La vigne, dans la singularité de son patrimoine et de son paysage, constitue une des composantes de cette reconnaissance internationale. L’espace viticole compris dans le périmètre du site Unesco correspond à 18 % de la superficie totale du  vignoble de Loire, le 3ème  de France, qui s’étire, de part et d’autre du site Unesco, du Sancerrois à la région nantaise.


Si le vin est l’expression d’un sol, d’un climat, d’un savoir–faire, il est aussi le fruit d’une évolution culturelle dont témoignent le patrimoine, bâti et paysage et l’ancienneté des usages. La vigne du Val de Loire est à comprendre dans sa géographie et  aussi, son histoire, celle de sa mise en culture avec le rôle déterminant des communautés monastiques et celle de son expansion grâce au dynamisme des villes portuaires de Loire qui favorisèrent l’exportation de la production de milliers de domaines et de « clos » viticoles.


La vigne, en Val de Loire, correspond souvent au clos jardiné des fermes dites « les closeries » transformées au fil du temps, en manoirs, gentilhommières et châteaux de villégiature, présents dans toute la campagne ligérienne. L’art italien du jardin introduit en Loire à la Renaissance, les avancées scientifiques des aristocrates - physiocrates du siècle des Lumières, les « concepteurs – paysagistes » des grands parcs du XIXe siècle, ont largement contribué au perfectionnement de ce paysage agricole, à la qualité de ses fruits et de ses vins et, à sa reconnaissance et sa renommée.


L’objet de cette contribution est de proposer une caractérisation de cette fabrique pluri-centenaire du paysage viticole à partir de l’analyse d’un territoire, Savennières. Celui-ci présente des références très ligériennes, une  géomorphologie de petits vallons en dialogue avec le fleuve et la vallée (les coulées) et une histoire très ancienne d’occupation d’un important promontoire sur la Loire (forteresse du château des Aulnay) devenu au fil des siècles, le territoire favori de villégiature de la noblesse d’affaires de la région angevine. 
La vigne serait présente à Savennières depuis le VIIè siècle, et ce terroir, un lieu privilégié d’expérimentation et de perfectionnement de la conduite de la vigne et du vin, à l’initiative des communautés monastiques ainsi que des scientifiques et concepteurs mobilisés au XVIIIe et XIXe par les propriétaires des grands domaines agricoles. 
L’exercice, volontairement contraint, veut poser les principes d’une méthode de caractérisation d’une des composantes de la Valeur Universelle Exceptionnelle du Val de Loire. Il appellera un indispensable  approfondissement en se confrontant à d’autres situations et paysages viticoles du Val de Loire - Unesco.
Cette caractérisation sera proposée en deux temps, un exposé des principes de caractérisation suivi d’une présentation sur leur application dans le cadre d’une visite de terrain. Trois circuits de lecture des patrimoines et des paysages seront proposés afin d’alimenter la réflexion et nourrir un débat . 

2. Thierry Pelloquet - Patrimoines de la vigne et du vin en Anjou

Au carrefour de l’histoire et de la culture, des savoir-faire et des pratiques expérimentales, du terroir et des paysages, de l’économie réelle et d’une sociabilité chaleureuse, la vigne et le vin occupent une place particulière dans l’histoire des hommes, singulièrement dans le val de Loire, propice au développement de la vigne depuis de nombreux siècles.


Attestée dès l’Antiquité, la culture de la vigne en Anjou a ainsi produit tout au long de l’histoire une grande variété de paysages et de formes architecturales qui attestent de permanences et de mutations, de traditions et d’expérimentations, et qui composent aujourd’hui la très forte identité de ses territoires. 


À travers le prisme du chenin, cépage emblématique qui offre lui aussi une palette de productions diversifiées, du sec au liquoreux et au pétillant, l’objet de cette intervention sera de découvrir la très grande richesse de ces patrimoines inscrits dans les différents vignobles où il est toujours implanté. 


Pentues, les « coulées » de Savennières sont ainsi marquées de vieux et nobles domaines qui ponctuent aussi les bien plus douces ondulations de l’Aubance. Le Saumurois, calcaire, se distingue par ses nombreux clos et sa vinification souterraine liée à la singularité des sites troglodytiques. Le couloir du Layon est parsemé de villages vignerons et de petits châteaux viticoles aux matériaux polychromes.
Lié aux spécificités de l’histoire viti-vinicole, mais aussi à l’évolution des techniques de construction et aux styles décoratifs, l’architecture est également multiple d’un point de vue typologique : on recense aussi bien des caves et des celliers que des logis de maîtres ou des maisons d’ouvriers, des dépendances de châteaux que des magasins industriels. Elle est aussi diverse d’un point de vue chronologique, des caves des abbayes médiévales aux grands domaines viticoles « modèles » de la période post-phylloxérique ; des simples maisons de vignerons d’Ancien Régime aux grandes « Maisons » saumuroises de vins pétillants de la fin du XIXe siècle.

 
Reflet d’une histoire multiséculaire, ces patrimoines constituent aujourd’hui un héritage toujours vivant, vecteur d’identité et d’attractivité des territoires à travers notamment sa mise en valeur touristique.