© Académie du chenin. Créé avec Wix.com

LE CHENIN
DANS LE MONDE

Raphaël Schirmer, 
Maître de conférences, 
Université Bordeaux Montaigne, 
Laboratoire ADESS CNRS UMR 5185

 

A l’échelle mondiale, le chenin est en perte de vitesse : situé à la vingt-sixième place mondiale en 2000 (tous cépages confondus), il n’est plus que trentième en 2010 avec 35 000 hectares. Seizième cépage blanc en 2000, il rétrograde d’une place en 2010. Une situation qui est étonnante si on le compare à d’autres cépages de qualité importants, rouges ou blancs.

Présent dans un nombre relativement restreint de pays (une dizaine de pays seulement ont plus de dix hectares, contre presque quarante pour le cabernet-sauvignon), il fait preuve d’une géographie surprenante. Très peu présent en Europe en dehors de la France, quasiment absent de l’Europe centrale et orientale, c’est aux pays dits du Nouveau Monde qu’il doit sa présence mondiale (figure 1). Il fait à cet égard partie des rares cépages avec le malbec à être davantage présents en dehors de son pays d’origine, puisque l’Afrique du Sud domine les plantations mondiales.

C’est un point essentiel sur lequel il faudra s’arrêter : l’Afrique du Sud ne semble guère jouer un rôle similaire à ceux que tiennent l’Argentine pour le malbec, le Chili pour le carménère, voire même l’Australie pour la syrah dans leur propagation mondiale. Ce qui renvoie à l’une des questions majeures posée par la mondialisation de la vigne et du vin, l’Afrique du Sud n’est pas parvenue à avoir le dynamisme et “l’agressivité” (J. Berthomeau, 2001, p. 5) des autres pays du Nouveau Monde.

Ce qui explique sans doute que le chenin ne soit jamais un cépage dominant, à l’exception une fois encore de l’Afrique du Sud, dans le panel de cépages que produit un pays. Il reste même très minoritaire dans la gamme des cépages blancs que possèdent les différents pays, jusqu’à exister seulement à l’état de traces dans certains d’entre eux (figure 2).

 

Dès lors, pourquoi ce cépage plutôt connu, permettant la production de vins mondialement renommés (Alfred Hitchcock mentionne du quarts-de-chaume dans le film Les Enchaînés en 1946) ne connaît-il pas un succès plus important ? Différentes sources internationales seront convoquées pour essayer de cerner la question. À cet égard, l’accent sera particulièrement mis sur les États-Unis d’Amérique, quatrième producteur mondial (et troisième pour le chenin) et surtout premier pays consommateur au monde, à l’origine de multiples tendances.

Figure n° 1 : Le chenin et d’autres cépages mondialisés, une comparaison

Figure n° 1 : Le chenin et d’autres cépages mondialisés, une comparaison

Figure n° 2