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Le Programme

Session I - Biologie et comportement du Chenin Blanc dans un environnement en mutation

Modérateurs : André Deyrieux & Etienne Goulet

4. Olivier Zekri (Pépinières Mercier) - La selection massale UNIK - Poster

La sélection clonale, qui a débuté il y a plus de 50 ans, a permis une réhabilitation sanitaire du vignoble français et un meilleur contrôle de la qualité agronomique et œnologique du matériel végétatif, tout en réduisant la diversité intra-variétale. Afin de conserver cette diversité génétique et de l’utiliser pour développer de nouveaux matériels végétaux répondant aux besoins des viticulteurs et à leur adaptation aux changements climatiques, la pépinière Mercier frères a lancé un programme de sélection massale UNIK® pour Chenin en 2004.


Le processus de sélection massale UNIK® commence par la prospection d'individus phénotypiquement différents dans des parcelles de plus de 50 ans. Pour cette sélection, 260 vignes ont été sélectionnées sur plusieurs parcelles provenant des principales régions de production de chenin du Val de Loire. L’état sanitaire du matériau constituant la base d’un vignoble persistant, une première sélection sanitaire a été effectuée avec une analyse virale primaire et secondaire. Cela a conduit à la plantation d'une parcelle d'expérimentation à Savennières, avec 22 génotypes, plantés au hasard dans 5 blocs de 10 vignes, en comparaison avec un clone de référence. À la troisième feuille, une étude agronomique de 3 ans est réalisée pour évaluer le rendement, le poids total du raisin, un poids de raisin, 100 poids de baies, le niveau potentiel d’alcool et l’acidité totale. Le but de la sélection agronomique était d’obtenir des vignes résistantes au Botrytis et à l’avortement des fleurs, de production modérée, en grappes moins compactes, non débourbées à un stade précoce et oenologiquement supérieures à la référence clonale. Après une première sélection agronomique, 5 génotypes ont été micro-vinifiés pendant 3 ans et comparés à l’aveugle.


Les résultats obtenus au cours de cette étude de 6 ans, étayée par une analyse statistique, ont permis la sélection de 5 génotypes résistants à l'avortement des fleurs et du Botrytis, avec des grappes à faible compacité, une production modérée et un goût meilleur que le clone de référence. Les caractéristiques agronomiques et œnologiques de chaque génotype sont élargies par une homogénéisation globale de la qualité et de la maturité des récoltes.

5. Lilian Bérillon - L'expression du Terroir - Poster

Construire durablement un vignoble est ce qui me motive le plus. C’est le défi actuel auquel toute la
viticulture doit répondre. Ce défi est climatique, mais aussi patrimonial, environnemental, sociétal.
Il doit aussi répondre aux besoins des vignerons cherchant l’excellence dans l’expression du terroir, ce qui est fondamental pour l’avenir du vignoble français.


C’est pourquoi j’ai mis en place depuis des années un modèle de production expérimental de plants qui explore de nouvelles voies.
Je le construits en m’appuyant sur la diversité variétale issue de la longue histoire des vitis vinifera, en particulier sur la diversité intravariétale. Mais aussi en travaillant avec des process ouvrant de nouvelles perspectives.


La base est de tabler sur un travail de prospection dans les vignes. Le processus est établi selon un cahier des charges très stricte, afin d’obtenir une sélection extrêmement fine sur les plans agronomique et œnologique. Ainsi, en Loire, 150 individus de Chenin Blanc avec des génotypes différents ont été identifiés au sein de domaines reconnus et provenant de grandes appellations : Savennières, Coteaux du Layon Villages, Coteaux de l’Aubance, Bonnezeaux, Saumur-Champigny, Chinon, Coteaux du Loir, Azey le Rideau et Montlouis.

Ces sélections sont venues enrichir la diversité du conservatoire de la pépinière. Elles permettent ainsi de venir peupler les nouvelles plantations d’une biodiversité nécessaire à l’équilibre de tout un système. Ce travail de Sélection Massale du Chenin Blanc a lieu chaque année chez des vignerons du Val de Loire peu de temps avant les vendanges. La prospection se fait de la manière suivante :
-    Observation d’individus âgés de plus de 50 ans
-    Contrôle visuel de l’état sanitaire
-    Observation de la récolte, du port, de l’équilibre…
-    Ce contrôle est répété 2 années supplémentaires
-    Un premier contrôle sanitaire avec analyse virale primaire et secondaire est réalisé au terme des 3 années d’observation
-    Le végétal sain est isolé et multiplié par greffage aux souches par souches dans les ateliers
-    Une parcelle de vigne-mère de greffons, peuplée par chacun des individus retenus, est implantée après avoir été traitée à l’eau chaude.

 

Avant cette plantation, de nouveaux tests viraux et sanitaires sont réalisés afin de sécuriser la qualité du matériel végétal.
En même temps, nous développons une orientation susceptible d’améliorer la durabilité des plantations. Nous promouvons la plantation en « racinés », qui consiste à planter d’abord les porte- greffes, et de greffer ensuite vitis vinifera en place, plutôt que de planter des greffés soudés sur table. Nous avons observé que non seulement le taux de réussite de plantation des racinés était bien supérieur, mais aussi que le taux d’infection de maladies développées sur des racinés était anecdotique, tandis que la contamination est de 10 à 15% avec des greffés-soudés.

 

Nous avons décidé de traiter à l’eau chaude l’intégralité de la production, de rechercher à être autonomes en matière première (greffons et porte-greffes) et en besoin de terres labourables , à greffer en fente l’intégralité de sa production de plants, à établir un cahier des charges éco- responsables (méthodes culturales en bio et biodynamie de notre pépinière qui, pour des raisons règlementaires, ne peut revendiquer la certification), d’ assurer un accompagnement sur-mesure des viticulteurs du Val de Loire par une équipe d’ingénieurs agro.


Je suis donc engagé dans un travail sur le « matériel végétal » qui explore de nouvelles voies pour répondre aux défis de la viticulture actuelle et d’avenir. Il demande une validation constante et sur le long terme, des voies explorées, et ceci dans le cadre d’une entreprise réelle avec ses impératifs économiques, et en lien direct avec l’actualité de la recherche, de la profession, de ses enjeux et ses débats, et les vignerons.